Un chêne en ville d’hiver

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Il était une fois un magnifique chêne pédonculé en Ville d’hiver. Planté quelques années avant la fin du XIXe siècle pour ombrager la villa en construction dans sa parcelle, il grandissait lentement dans ce qui était alors un vaste parc forestier. Les années passaient et il se désolait de voir disparaître, les uns après les autres, nombre de ses frères et beaucoup de pins maritimes autrefois gemmés. Au fil du temps, cet arbre de haute futaie était devenu le plus bel ornement naturel de son secteur et, à près de 25 mètres de hauteur, son houppier dominait toutes les constructions environnantes.

Ce chêne qui contribuait à rappeler l’histoire du quartier ne demandait rien à personne et il se maintenait en forme malgré son âge déjà avancé. Malheureusement pour lui, il y a environ 30 ans, une piscine et ses annexes ont été construites dans la propriété voisine de l’autre côté de la clôture à 5 mètres 50 de laquelle il se trouve. Et, bien sûr, des feuilles, des branches mortes et des glands se retrouvent à l’automne dans la parcelle voisine et la piscine. Il a alors fallu élaguer davantage et mieux entretenir le chêne. Cela a été fait mais, semble-t-il, pas suffisamment selon les voisins qui, en l’absence d’un accord amiable, ont demandé au Tribunal d’Instance une condamnation sous astreinte à faire élaguer les branches surplombant leur parcelle.

Commence alors une longue procédure judiciaire. Après plusieurs renvois, les plaignants durcissent leur position et demandent que le chêne litigieux soit abattu. Le jugement est rendu fin 2017 : le chêne doit être abattu et arraché même si l’appel est interjeté.

Cette nouvelle se répand dans le voisinage comme une traînée de poudre. Il apparaît immédiatement que, si elle devait être suivie d’effet, cette décision serait très mal comprise et ne serait pas admise par les habitants de Ville d’hiver et leurs associations de défense, à un moment où la préservation de l’environnement naturel est, pour beaucoup, l’une des priorités majeures. De plus, l’abattage d’un grand arbre n’est jamais anodin, car cela fragilise la communauté des arbres avoisinants. Les arbres se protègent entre eux et protègent les villas des effets des fortes tempêtes. Et cela constituerait aussi un précédent très regrettable.

Alors la défense se met en place.  Le propriétaire du chêne fait appel du jugement rendu.

Comme aucun arbre ne peut être abattu sans une autorisation municipale, le Service de l’urbanisme est consulté sur ce qu’il convient de faire. Celui-ci répond qu’en aucun cas la mairie ne pourrait s’opposer à une décision de justice.

Un  diagnostic phytosanitaire est établi, plusieurs tests techniques sont effectués par des experts forestiers. Ces études ne font apparaître aucune altération sur le chêne qui n’est même pas parasité. En conclusion, ces experts préconisent la sécurisation éventuelle des branches dépassant sur la propriété voisine par la mise en place d’un haubanage de rétention.

Et, surtout, un grand mouvement de mobilisation se met en place : l’ASSA, le Conseil de quartier, le Kiosque de la Ville d’hiver et même, à titre personnel, Jacques Storelli, président de la CEBA, conjuguent leurs efforts. Plusieurs voisins produisent des notes expliquant en quoi ils ne peuvent être d’accord avec le jugement rendu.

Et tout cela finit par payer : le 31 mai, la Cour d’Appel de Bordeaux décide que le chêne ne sera pas abattu tout de suite et qu’il pourra être maintenu dans l’attente de la décision de la Cour sur le fond. Dans ce contexte, un processus de conciliation devrait rapidement être engagé par les parties.

Bien que relativement modeste, cette affaire constitue un bel exemple de responsabilité collective des habitants de la Ville d’hiver qui, comme souvent, se sont montrés particulièrement attachés à leur patrimoine tant architectural que naturel.

 

PORT ARCACHON : la gestion de la liste d’attente

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Il s’agit d’un point sensible, sinon le plus sensible, avec la gestion du règlement intérieur, de la gestion de tout port de plaisance sur la côte atlantique. À ce titre le cas de Port Arcachon est exemplaire…

1-Le prix de l’attente

Tout d’abord, chers lecteurs vous devez savoir que pour espérer être un jour titulaire d’une place au port d’Arcachon, il vous faudra payer une cotisation annuelle de 20 € pour avoir le droit de figurer sur les listes d’attente. Cette cotisation est à fonds perdus et ne vous sera jamais remboursée si, pour une raison ou une autre, vous oubliez de la renouveler ou décidez de renoncer à votre demande. Vous devrez attendre une trentaine d’années. En contrepartie de ces versements vous n’avez aucune prestation, mais vous figurez sur une des 6 listes établies en fonction de la taille de la place demandée et de la localisation de votre domicile. Si vous ne payez pas à l’appel de cotisations en fin d’année, vous recevrez une lettre recommandée et vous serez rayé de la liste.
Il faut donc savoir trente ans à l’avance que vous aurez besoin d’une place pour un bateau d’une taille déterminée… Cela vous coûtera 600 €, compte non tenu des augmentations à venir…  car le prix de l’attente évoluera en fonction du prix du gaz, de l’eau ou de je ne sais quoi… C’est le règne d’UBU pour l’usager. Pour le port d’Arcachon c’est une recette de 20 € multipliée par 3 000 demandeurs, soit la modeste rente annuelle de 60 000 € encaissée par Port Arcachon en contrepartie de quoi ?
Certains juristes pensent depuis longtemps que cette cotisation est illégale, mais son principe n’a jamais été mis en cause… pourquoi ? Si vous contestez la légalité de cette cotisation, vous avez toutes les chances de ne jamais arriver en tête de liste pour la raison ci-dessous.

2-La transparence de la méthode

Si l’on analyse la façon dont l’usager de la liste peut vérifier l’évolution de sa demande sur les listes d’attente, on constate que rien ne permet de contrôler la gestion qui est faite. Vous pouvez juste constater si votre place évolue, sans pouvoir contrôler si quelqu’un, par un malencontreux hasard, ne vous serait pas passé devant… Vous avez le droit de constater que vous êtes bien sur la liste et le rang que vous occupez ; vous restez dans la méconnaissance de ceux qui vous précédent et vous suivent.
Cette gestion n’est pas transparente… elle ouvre la porte aux soupçons dont les responsables, élus ou non, semblent s’accommoder. Pourtant la solution est simple…

Si l’on compare avec la méthode mise en place au port de La Teste (20 ans d’attente environ) avec celui de Port Arcachon, chaque demande se voit affectée d’un numéro de dossier anonyme, et toute la liste des demandes est publiée chaque année au moment opportun. Chacun peut alors contrôler l’évolution de chaque dossier et évaluer la durée qu’il aura à attendre. Ce système a été mis en place par le conseil général, à la demande des fonctionnaires qui en avaient assez de gérer les inévitables demandes de passe-droit des élus et devant lesquelles ils finissaient par céder. Au final, les élus ne peuvent plus faire pression et la gestion des places du port de La Teste ne fait plus discussion (confidence faite par un(e) fonctionnaire du conseil général).

Pour passer de la méthode “arcachonnaise” à celle adoptée avec sagesse par le conseil général, il suffit de le vouloir. Il n’y a aucun coût, et cela supprime les coups tordus… Souvenez-vous-en lorsqu’il sera question de glisser un bulletin dans l’urne…

Charles-Albert LUCAS

 

 

Quartier de La Chapelle- Réunion de Juin 2018

Nous avons reçu le témoignage d’ un habitué des réunions du quartier de La Chapelle:
…Voulant assister, comme chaque mois, à la permanence de l’élu du quartier Centre Ville et de la Chapelle ce jour, quelle ne fut pas la surprise de la dizaine de participants habitués à ces rencontres de s’entendre dire que ces réunions se dérouleraient différemment de l’habitude; à savoir les habitants discutent autour de la table, et chacun peut, s’il le souhaite rencontrer l’élu dans son bureau             (comme au confessionnal !) pour faire part des problèmes rencontrés.
Nous avons donc décidé à l’unanimité de quitter cette réunion, parodie de démocratie participative.”

Il va de soi que les élus qui tiennent ces “permanences” sont exclusivement des élus de la majorité municipale… on se demande bien pourquoi?… Les cinq élus des quatre groupes de  l’opposition ont un unique bureau commun, isolé hors de la mairie, inaccessible aux personnes âgées, si inconfortable qu’ils ne l’ont jamais utilisé…