Urbanisme et environnement à Arcachon (2)

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Lire la première partie

À l’issue de l’exposé de M. Marieu, les sujets abordés par les participants à la réunion du 5 novembre 2018 peuvent être regroupés autour de quelques thèmes :

  • Quelle est la vision que les Arcachonnais souhaitent pour leur ville ?

Voulons-nous d’un EHPAD à ciel ouvert dix mois sur douze, puis d’un pic touristique dont l’excès épuise infrastructures et ressources naturelles ?

Voulons-nous rééquilibrer l’activité de cette ville en lui trouvant d’autres pôles  générateurs d’activité douze mois sur douze et permettant de fixer une population résidente et active ?

Si la vocation touristique d’Arcachon est et restera l’un des moteurs principaux de l’activité, certains s’interrogent sur les moyens à mettre en place pour préserver le gisement patrimonial et touristique qui nous fait vivre.

M. Marieu fait observer que, au contraire de la plupart des villes balnéaires de la côte atlantique (dont La Rochelle, Hossegor, Biarritz, Hendaye), il n’existe pas à Arcachon d’AVAP (aire de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine). L’AVAP est une servitude d’utilité publique instituée par la loi Grenelle II ayant pour objet de promouvoir la mise en valeur du patrimoine bâti et des espaces.

Une part importante de ces questions doit être traitée dans le cadre du SCOT c’est à dire en concertation avec les communes limitrophes et celles entourant le Bassin.  

Le premier soin des villes remarquables comme les cités balnéaires est de préserver leur patrimoine qui est l’élément essentiel de leur « gisement touristique ». L’ambition doit être de mettre en valeur ce patrimoine, mais sans que les habitants se sentent dépossédés pendant les pics touristiques et sans être débordés comme cela peut être le cas dans des villes comme Barcelone ou Venise.

  • La croissance urbaine sur le Bassin menant a minima, dans les 15 ans, à la forte augmentation du nombre des habitants permanents (+ 75 000 ?), voire à son doublement est ressentie par beaucoup d’entre nous comme une menace majeure.
  • Arcachon ne peut être dissocié des autres communes du Bassin et, plus particulièrement, de La Teste-de-Buch. Une vision communautaire est nécessaire et c’est bien sûr en intercommunalité que la plupart des questions doivent être étudiées et décidées. Cela permettrait d’éviter certaines erreurs, comme les trois piscines faites récemment dans trois communes voisines.
  • Les enjeux écologiques du Bassin doivent être respectés, notamment sur les points suivants : régulation de l’étalement urbain, conservation des espaces naturels, restauration de la biodiversité…
  • Les menaces sur le maintien des zones vertes et des bosquets inquiètent : des terrains boisés sont passés en zone urbanisable. Comment expliquer ce paradoxe : la population permanente décroît et pourtant les sites naturels sont menacés. De même, la disparition progressive du pin maritime, emblème de notre cité, est mal vécue par beaucoup. À noter que l’amende à payer pour l’abattage non autorisé d’un arbre est beaucoup trop modérée (30 €) pour être dissuasive.
  • Le souci de préserver une certaine mixité générationnelle et sociale, et ses corollaires : une politique de logement enrayant la fuite des actifs en périphérie et générant des emplois locaux nouveaux, de préférence qualifiés. Pour ce faire, il serait possible de s’inspirer de l’exemple de La Rochelle.
  • La possibilité de promouvoir un pôle technologique, à l’image de ce que fut Sofia Antipolis, pour transformer progressivement Arcachon en ville de « plein exercice », dont le dynamisme reposerait toujours sur le tourisme mais aussi sur d’autres activités génératrices d’emplois qualifiés : enseignement (antennes d’écoles de commerce ou d’ingénieur), pôles de recherche, start-ups, …
  • Le manque de locations à prix modéré est particulièrement pénalisant pour l’emploi local. L’exemple des seize logements prévus boulevard Deganne est évoqué. Plutôt que de vendre le terrain au secteur privé, n’aurait-il pas mieux valu en conserver la propriété et concéder des baux emphytéotiques pour la construction de logements locatifs ?
  • Des participants s’interrogent sur la pertinence du nouveau PLU d’Arcachon qui permet une forte augmentation des surfaces construites. Dans certains secteurs, les droits à construire représentent le double, voire le triple, de ce qu’il était possible avec le PLU précédent. Les nouvelles dispositions issues de la loi ALUR auraient pu être amendées par des décisions prises localement, notamment en limitant les hauteurs de construction, pour éviter de trop densifier dans certains secteurs de la ville.
  • Le permis de construire de l’allée des Mimosas a été évoqué pour déplorer que la disparition du COS permette aujourd’hui de raser une maison en bon état et d’abattre un certain nombre d’arbres pour construire un immeuble.
  • La préservation de certains sites remarquables, la Ville d’hiver bien sûr mais aussi Le Moulleau. L’inscription de la Ville d’hiver au titre des sites pittoresques de la Gironde n’apporte à ce quartier qu’une protection illusoire. Certains demandent que la Ville d’hiver puisse devenir un site patrimonial remarquable (nouvelle dénomination de l’AVAP), tel que prévu par la récente loi CAP. Certaines villas remarquables pourraient par ailleurs être classées. Au Moulleau, les constructions effectuées ou en cours (surélévations, copropriétés) font craindre que ce quartier perde à terme son âme.
  • Le contrôle sur le terrain est nécessaire. Depuis quelques années, on ne voit plus en ville les appariteurs municipaux qui étaient chargés de détecter ou de contrôler les travaux. En Ville d’hiver, l’association Le Kiosque a récemment comptabilisé les travaux immobiliers : sur 60 opérations en cours, 30 étaient effectuées sans qu’un dossier préalable ait été déposé en Mairie ! Cela n’est pas acceptable.
  • La nécessité de décrisper la vie politique locale afin de pouvoir avoir de véritables débats sur les orientations en matière d’urbanisme (et autres sujets).

En conclusion de cette conférence-débat, il apparaît que, pour l’essentiel, deux grandes questions ont été soulevées :

  1. Quels sont les grands équilibres à respecter ?
  2. Quels sont les leviers disponibles au niveau municipal dans l’enchevêtrement législatif qui nous a été présenté ?

Il nous appartient maintenant d’embrasser ces sujets pour construire quelques éléments de politique d’urbanisme.

Nous vous invitons à réagir, par exemple en vous rendant sur le site Arcachon 2020, pour le consulter mais aussi pour nous faire part de vos commentaires et de vos suggestions. Vous pouvez aussi bien sûr nous rejoindre si vous vous retrouvez dans cette démarche.

Nous vous rappelons vouloir lancer un débat de même nature début 2019 sur les sujets suivants :

  • Les finances publiques d’Arcachon: quelles sont nos recettes, sur quelles priorités sont orientés nos dépenses, l’évolution de la dette et son incidence sur la liberté de choix de nos édiles ?
  • Le développement économique: Quels sont les moteurs actuels  de l’économie d’Arcachon ? Peut-on mieux faire ?

Enfin nous vous remercions de l’intérêt que vous avez porté à notre démarche en venant si nombreux et en prenant la parole sur ce sujet clef pour notre ville.

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