Arcachon danger : l’immobilier à marche forcée

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Bien qu’il ait été élu en 2000, pour son premier mandat, sous le slogan « Halte au béton », Yves Foulon soutenu sans réserve par les divers maires adjoints successifs, a fait de l’immobilier le support principal de sa politique municipale. La construction de logements, presque exclusivement pour des résidences secondaires, et de bâtiments privés, a été rendue possible par des révisions du PLU augmentant fortement les droits à construire, y compris par le changement de règles pour des parcelles précédemment inconstructibles (zones forestières), mais aussi, par la vente quasi-totale à des promoteurs, du domaine privé de la commune.
Ces ventes, aliénations volontaires ou involontaires (Maison des Associations, ancienne maternité, piscine, thalassothérapie, Elysée-Reclus, ancien CFA, école Victor-Duruy, Maison Universelle, et derniers en date vente du terrain du Lapin-Blanc et lotissements municipaux en cours des Mimosas et des Primevères, liste non exhaustive), et non une bonne gestion, expliquent la stabilité des impôts locaux dont se vante notre maire.
Afin de faciliter ces opérations, la municipalité a pris certaines libertés avec la réglementation et avec les attentes des Arcachonnais, et, récemment, trois projets (lotissement Elysée-Reclus, vente de la Maison Universelle, permis CFA) ont fait l’objet de plaintes devant la justice, la mairie ayant été déboutée pour deux d’entre eux. Deux projets plus anciens, le POA et le grand hôtel de Peyneau, relèvent du même objectif : lancés en 2010, leur exécution n’a pas encore été engagée du fait de très nombreux recours déposés devant le TA de Bordeaux. Enfin la vente en 2012 d’un terrain à un promoteur, la COGEDIM, pour un prix ferme de 9,5 M€ s’est terminée par le versement de seulement 8 M€ du fait d’artifices dans les conditions de vente, ce qui a permis au promoteur d’économiser 1,5 M€ au détriment d’Arcachon.
Ces opérations immobilières ont toutes la même explication : le besoin de financement de grands projets d’urbanisme certes utiles mais surdimensionnés ou trop luxueux (mairie), menés dans des conditions financières discutables (PPP) et justifiés au moins autant par des considérations électorales (réélection) que par l’intérêt de la commune et des Arcachonnais. Les nombreux chantiers qui encombrent actuellement nos rues et qui doivent impérativement être terminés avant mars 2020, en sont la preuve.
La vente des terrains procure des ressources immédiates mais non renouvelables, et les taxes sur les locaux et logements des ressources permanentes, quelle que soit l’occupation du logement (résidence principale ou secondaire).
Les conséquences négatives de cet activisme immobilier sont nombreuses et importantes :
– Ces très nombreuses ventes ont considérablement réduit le patrimoine de la commune, ce qui diminue les possibilités d’action future ;
– L’augmentation des droits à construire a entrainé une forte augmentation du prix des terrains et donc du prix des logements ce qui ne permet plus à ceux qui travaillent à Arcachon d’y loger et les contraint à habiter loin de leur lieu de travail ;
– Le nombre de logements utilisés en résidence secondaire a explosé, leur taux dépasse 60 %, ce qui entraine une stagnation du nombre d’habitants permanents (commune peu animée en période creuse) et une surpopulation en période estivale avec tous les inconvénients qui en résultent.
Ces conséquences négatives commencent à apparaitre et rétablir une situation plus normale et plus équilibrée sera long et difficile, il est donc nécessaire et urgent qu’une autre politique radicalement différente soit mise en œuvre.

André Tillier

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