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PORT ARCACHON : la gestion de la liste d’attente

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Il s’agit d’un point sensible, sinon le plus sensible, avec la gestion du règlement intérieur, de la gestion de tout port de plaisance sur la côte atlantique. À ce titre le cas de Port Arcachon est exemplaire…

1-Le prix de l’attente

Tout d’abord, chers lecteurs vous devez savoir que pour espérer être un jour titulaire d’une place au port d’Arcachon, il vous faudra payer une cotisation annuelle de 20 € pour avoir le droit de figurer sur les listes d’attente. Cette cotisation est à fonds perdus et ne vous sera jamais remboursée si, pour une raison ou une autre, vous oubliez de la renouveler ou décidez de renoncer à votre demande. Vous devrez attendre une trentaine d’années. En contrepartie de ces versements vous n’avez aucune prestation, mais vous figurez sur une des 6 listes établies en fonction de la taille de la place demandée et de la localisation de votre domicile. Si vous ne payez pas à l’appel de cotisations en fin d’année, vous recevrez une lettre recommandée et vous serez rayé de la liste.
Il faut donc savoir trente ans à l’avance que vous aurez besoin d’une place pour un bateau d’une taille déterminée… Cela vous coûtera 600 €, compte non tenu des augmentations à venir…  car le prix de l’attente évoluera en fonction du prix du gaz, de l’eau ou de je ne sais quoi… C’est le règne d’UBU pour l’usager. Pour le port d’Arcachon c’est une recette de 20 € multipliée par 3 000 demandeurs, soit la modeste rente annuelle de 60 000 € encaissée par Port Arcachon en contrepartie de quoi ?
Certains juristes pensent depuis longtemps que cette cotisation est illégale, mais son principe n’a jamais été mis en cause… pourquoi ? Si vous contestez la légalité de cette cotisation, vous avez toutes les chances de ne jamais arriver en tête de liste pour la raison ci-dessous.

2-La transparence de la méthode

Si l’on analyse la façon dont l’usager de la liste peut vérifier l’évolution de sa demande sur les listes d’attente, on constate que rien ne permet de contrôler la gestion qui est faite. Vous pouvez juste constater si votre place évolue, sans pouvoir contrôler si quelqu’un, par un malencontreux hasard, ne vous serait pas passé devant… Vous avez le droit de constater que vous êtes bien sur la liste et le rang que vous occupez ; vous restez dans la méconnaissance de ceux qui vous précédent et vous suivent.
Cette gestion n’est pas transparente… elle ouvre la porte aux soupçons dont les responsables, élus ou non, semblent s’accommoder. Pourtant la solution est simple…

Si l’on compare avec la méthode mise en place au port de La Teste (20 ans d’attente environ) avec celui de Port Arcachon, chaque demande se voit affectée d’un numéro de dossier anonyme, et toute la liste des demandes est publiée chaque année au moment opportun. Chacun peut alors contrôler l’évolution de chaque dossier et évaluer la durée qu’il aura à attendre. Ce système a été mis en place par le conseil général, à la demande des fonctionnaires qui en avaient assez de gérer les inévitables demandes de passe-droit des élus et devant lesquelles ils finissaient par céder. Au final, les élus ne peuvent plus faire pression et la gestion des places du port de La Teste ne fait plus discussion (confidence faite par un(e) fonctionnaire du conseil général).

Pour passer de la méthode “arcachonnaise” à celle adoptée avec sagesse par le conseil général, il suffit de le vouloir. Il n’y a aucun coût, et cela supprime les coups tordus… Souvenez-vous-en lorsqu’il sera question de glisser un bulletin dans l’urne…

Charles-Albert LUCAS