Place Thiers : peut mieux faire !

Avez-vous vu la nouvelle place Thiers et son nouveau revêtement en bitume noir ?

Le bitume est composé essentiellement d’hydrocarbures avec tout ce que cela implique de produits nocifs pour l’homme et l’environnement. Dès lors on peut se poser la question de la bonne idée de s’en servir sur la place principale d’une station balnéaire en 2019. Aujourd’hui le développement durable doit être intégré dans chaque phase d’équipement d’une municipalité, encore plus si son activité économique est dépendante de son environnement naturel.
Selon des études récentes, une des caractéristiques du bitume est que ce revêtement entraine en zone urbaine des élévations de température de l’air ambiant. Or plus l’air est chaud plus les locaux professionnels consomment de l’énergie en climatisant (tout en produisant de l’air chaud à l’extérieur via les pompes à chaleur air/air) :

le cercle vicieux s’installe !

Une des autres caractéristiques du bitume est d’être étanche, ce qui peut être un avantage dans certaines situations, mais qui est à proscrire dans le cadre d’une commune qui s’hyper-urbanise : où va aller l’eau retenue en surface ? Dans les égouts me direz-vous et vous avez raison lorsque vous avez affaire à des pluies classiques. Mais lors de pluies orageuses ? Vous avez dû le remarquer ces derniers étés, il y a de plus en plus de précipitations orageuses importantes. Dans ces situations il n’a pas été rares de voir des caves et parkings inondés. Cette eau qui ne peut plus infiltrer le sol va se déverser dans le bassin, chargée de polluants urbains qu’elle aura récupéré sur les voiries.
Alors qu’il y a une prise de conscience sur la végétalisation des centres villes dans le monde entier, l’équipe municipale d’Arcachon fait marche arrière : des arbres coupés (centenaires pour certains) ne sont pas remplacés ce qui fait des zones d’ombrage moins importantes, les trottoirs sont refaits avec des margelles de grandes dimensions, étanchéifiant de fait encore plus les sols. Le contraste est saisissant quand on traverse le Bassin depuis le Cap Ferret et que l’on arrive sur cette Place Thiers. Le Cap Ferret a compris, lui, depuis longtemps, l’intérêt de garder un environnement naturel dans ses centres villes.

Quand à l’esthétique, il y a des aménagements prévus afin de “décorer” cet espace et le rendre moins artificiel, du moins en surface.
On a tendance à dire que tous les goûts sont dans la nature : de nos jours, moins de nature c’est déjà une faute de goût et ce n’est qu’une conséquence minime de l’hyper-urbanisation …

Nicolas JOUSSE

 

Arcachon danger : l’immobilier à marche forcée

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Bien qu’il ait été élu en 2000, pour son premier mandat, sous le slogan « Halte au béton », Yves Foulon soutenu sans réserve par les divers maires adjoints successifs, a fait de l’immobilier le support principal de sa politique municipale. La construction de logements, presque exclusivement pour des résidences secondaires, et de bâtiments privés, a été rendue possible par des révisions du PLU augmentant fortement les droits à construire, y compris par le changement de règles pour des parcelles précédemment inconstructibles (zones forestières), mais aussi, par la vente quasi-totale à des promoteurs, du domaine privé de la commune.
Ces ventes, aliénations volontaires ou involontaires (Maison des Associations, ancienne maternité, piscine, thalassothérapie, Elysée-Reclus, ancien CFA, école Victor-Duruy, Maison Universelle, et derniers en date vente du terrain du Lapin-Blanc et lotissements municipaux en cours des Mimosas et des Primevères, liste non exhaustive), et non une bonne gestion, expliquent la stabilité des impôts locaux dont se vante notre maire.
Afin de faciliter ces opérations, la municipalité a pris certaines libertés avec la réglementation et avec les attentes des Arcachonnais, et, récemment, trois projets (lotissement Elysée-Reclus, vente de la Maison Universelle, permis CFA) ont fait l’objet de plaintes devant la justice, la mairie ayant été déboutée pour deux d’entre eux. Deux projets plus anciens, le POA et le grand hôtel de Peyneau, relèvent du même objectif : lancés en 2010, leur exécution n’a pas encore été engagée du fait de très nombreux recours déposés devant le TA de Bordeaux. Enfin la vente en 2012 d’un terrain à un promoteur, la COGEDIM, pour un prix ferme de 9,5 M€ s’est terminée par le versement de seulement 8 M€ du fait d’artifices dans les conditions de vente, ce qui a permis au promoteur d’économiser 1,5 M€ au détriment d’Arcachon.
Ces opérations immobilières ont toutes la même explication : le besoin de financement de grands projets d’urbanisme certes utiles mais surdimensionnés ou trop luxueux (mairie), menés dans des conditions financières discutables (PPP) et justifiés au moins autant par des considérations électorales (réélection) que par l’intérêt de la commune et des Arcachonnais. Les nombreux chantiers qui encombrent actuellement nos rues et qui doivent impérativement être terminés avant mars 2020, en sont la preuve.
La vente des terrains procure des ressources immédiates mais non renouvelables, et les taxes sur les locaux et logements des ressources permanentes, quelle que soit l’occupation du logement (résidence principale ou secondaire).
Les conséquences négatives de cet activisme immobilier sont nombreuses et importantes :
– Ces très nombreuses ventes ont considérablement réduit le patrimoine de la commune, ce qui diminue les possibilités d’action future ;
– L’augmentation des droits à construire a entrainé une forte augmentation du prix des terrains et donc du prix des logements ce qui ne permet plus à ceux qui travaillent à Arcachon d’y loger et les contraint à habiter loin de leur lieu de travail ;
– Le nombre de logements utilisés en résidence secondaire a explosé, leur taux dépasse 60 %, ce qui entraine une stagnation du nombre d’habitants permanents (commune peu animée en période creuse) et une surpopulation en période estivale avec tous les inconvénients qui en résultent.
Ces conséquences négatives commencent à apparaitre et rétablir une situation plus normale et plus équilibrée sera long et difficile, il est donc nécessaire et urgent qu’une autre politique radicalement différente soit mise en œuvre.

André Tillier